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Prêt pour auto-entrepreneur : 7 façons d’obtenir un crédit

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Someone is doing taxes with a calculator and laptop.
Sommaire

Vous pouvez obtenir un prêt en tant qu’auto-entrepreneur, mais le vrai sujet est ailleurs : choisir la bonne source de financement en fonction de votre besoin (trésorerie, matériel, lancement) et arriver face au financeur avec un dossier qui ne laisse pas de zones grises. Entre banque, microcrédit, prêt d’honneur, crowdfunding et crédit-bail, les règles du jeu ne sont pas les mêmes et les délais non plus. Ici, je vous donne une feuille de route directement utilisable pour comparer, simuler et déposer une demande qui a des chances réelles d’aboutir.

En bref

  • Gardez 2 repères : apport recommandé ≥ 20 % et taux d’effort ≤ 33 %.
  • Si votre banque bloque, le microcrédit et le prêt d’honneur servent souvent de passerelles, avec accompagnement et effet de levier.
  • Côté délais, vous êtes généralement sur trois rythmes : 48 h, 10 jours, ou jusqu’au 15ème jour après signature selon l’organisme et le cadre légal.
  • Accélérez : prévisionnel 12-24 mois, business plan court et justificatifs prêts avant la première simulation.

Comparer vite, décider vite : la matrice qui évite les mauvaises demandes

Quand j’accompagnais des indépendants en agence, je voyais toujours le même schéma : des dossiers corrects envoyés au mauvais guichet. Résultat, vous perdez du temps, et votre projet prend un coup au moral. Pas de secret ici malheureusement : la première décision, c’est le type de financement, pas le montant.

SolutionMontant typiqueTaux / coûtDurée typiqueDélai observéGaranties / attentesIdéal pour
Banque (prêt pro)Variable, parfois 100 € à 50 000 €TAEG selon offre + assurance éventuelle24 à 84 moisDe quelques jours à plusieurs semaines + rétractationApport recommandé ≥ 20 %, endettement ≤ 33 %, caution possible (souvent 50 %)Investissement structurant, besoin récurrent
Offres partenaires (crédit conso / pro)Jusqu’à 75 000 €TAEG selon offreSelon contratRéponse parfois annoncée sous 24 h, fonds au 15ème jour (option 8 jours)Contrat standardisé, vérificationBesoin rapide si profil compatible
Microcrédit personnel300 € à 8 000 €1,5 % à 4 % observés6 mois à 7 ansSelon organismeSouvent sans garantie réellePetit coup de pouce, démarrage
Microcrédit professionnel3 000 € à 10 000 € (parfois jusqu’à 17 000 €)Taux observés variables (environ 5 %, ou 6,69 % à 7,63 %, ou 8,07 %)Jusqu’à 5 ans, souvent 36 à 48 moisTypiquement 10 jours, puis décaissement rapideAccompagnement, plafonds à vérifierCréateurs refusés en banque, premier matériel
Prêt d’honneurDe quelques milliers à 30 000 € fréquemment, jusqu’à 90 000 € (projets innovants)Taux zéro, sans garantieSouvent 1 à 5 ans, différé possible 1 anTemps de dossier + juryDossier solide, entretienRenforcer fonds propres, déclencher un prêt bancaire
CrowdfundingVariable, selon plateformeFrais de plateforme selon formeNon applicablePréparation + campagne (plusieurs semaines)Communication, obligations selon statutTester le marché, compléter un apport
Crédit-bailSelon matérielCoût global parfois supérieur à l’achat3 à 7 ansSelon contratClauses entretien/assurance, option d’achat possibleVéhicule, équipement, préserver trésorerie

 

Quel financement choisir selon votre situation (et comment l’obtenir)

1) Banque : jouez la solidité et la lisibilité

La banque peut financer large, mais elle veut comprendre. Or, en micro-entreprise, la comptabilité est simplifiée, donc votre effort est de rendre vos flux lisibles : déclarations de chiffre d’affaires, relevés, prévisionnel, usage des fonds. En effet, ce que vous gagnez en simplicité administrative, vous le repayez parfois en pédagogie au moment du crédit.

Gardez en tête les repères du plan : apport recommandé ≥ 20 % et capacité d’endettement ≤ 33 %. Côté garanties, on peut vous demander une hypothèque, un nantissement ou une caution, parfois à hauteur de 50 %.

Sur le timing, vous allez souvent commencer par un simulateur, puis une étude manuelle. Et il y a un point que beaucoup découvrent trop tard : le délai légal de rétractation amène une mise à disposition des fonds au 15ème jour après signature, avec une option possible de réduction à 8 jours si vous la cochez explicitement.

2) Microcrédit : la voie pragmatique quand la banque dit non

Le microcrédit se décline en deux logiques. Le microcrédit personnel couvre 300 € à 8 000 €, avec des taux observés entre 1,5 % et 4 % et des durées de 6 mois à 7 ans. Le microcrédit professionnel est souvent dans une fourchette 3 000 € à 10 000 € avec des mentions allant jusqu’à 17 000 € selon dispositifs, et des durées plutôt jusqu’à 5 ans (souvent 36 à 48 mois).

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Attention aux divergences : selon l’offre et la date, vous verrez des taux autour de 5 % ou des fourchettes comme 6,69 % à 7,63 %, ou un minimum observé à 8,07 %. L’idée n’est pas de mémoriser un chiffre, mais d’exiger une grille datée avant de signer.

Cas d’école utile : un réseau de microcrédit dispose d’environ 200 agences, annonce une réponse en 10 jours et un décaissement en 48 h après acceptation. Il a financé 180 000 auto-entrepreneurs depuis sa création. Dans certaines formules, on retrouve une contribution solidaire proche de 6 % du montant, et une avance jusqu’à 3 000 € à 0 % remboursable sur 2 ans. Ce type de montage est très efficace si vous devez débloquer un petit investissement sans hypothéquer votre trésorerie.

3) Prêt d’honneur : le levier pour rendre votre dossier « bancaire »

Le prêt d’honneur est un prêt personnel à taux zéro, sans garantie, pensé pour muscler vos fonds propres. Pourtant, son intérêt n’est pas seulement son coût : c’est l’effet de levier. Une moyenne est souvent citée : 13 € de financement bancaire supplémentaire pour 1 € de prêt d’honneur. Autrement dit, vous ne cherchez pas uniquement de l’argent, vous achetez de la crédibilité.

Les montants vont de quelques milliers d’euros à 30 000 € fréquemment, et jusqu’à 90 000 € pour des projets très innovants. Les durées sont souvent entre 1 et 5 ans, avec parfois un différé d’un an. La contrepartie, c’est le niveau d’exigence : dossier, entretien, et capacité à expliquer votre plan de remboursement.

a woman sitting at a table with a piece of paper in front of her

 

4) Crowdfunding : financement + preuve de marché (si vous savez communiquer)

Le crowdfunding peut prendre la forme de don, de prêt (crowdlending) ou d’investissement en capital (equity). Vous croiserez des statuts à connaître : CIP et IFP. En France, le marché a levé 2,3 milliards d’euros en 2022. Ce canal est intéressant pour compléter un apport et ajouter un signal de confiance avant d’aller voir une banque, à condition d’accepter la réalité opérationnelle : préparation, campagne, communication, frais de plateforme et contraintes juridiques selon la forme choisie.

5) Crédit-bail : financer un équipement sans vider votre trésorerie

Si votre besoin est un véhicule ou du matériel, le crédit-bail est souvent plus logique qu’un prêt générique. On est généralement sur 3 à 7 ans. Vous préservez votre trésorerie et vous pouvez parfois lever une option d’achat en fin de contrat. Le revers, c’est un coût global parfois supérieur à l’achat, et des clauses d’entretien ou d’assurance à lire consciencieusement.

Monter un dossier qui passe : la checklist minimale (et suffisante)

Je vous propose un principe simple : vous ne prenez pas rendez-vous tant que votre dossier ne répond pas à trois questions : combien, pourquoi, comment je rembourse. Ensuite seulement, vous lancez les simulations.

  • Socle documentaire : pièce d’identité, RIB, extrait K/BIS si existant, avis d’imposition, relevés bancaires 12-24 mois.
  • Bloc projet : business plan court, prévisionnel de trésorerie 12-24 mois, explication claire de l’usage des fonds.
  • Bloc financeur : justificatifs de chiffre d’affaires (déclarations), preuve d’apport si vous en avez (repère ≥ 20 %), éléments de garantie si demandés.

Et bien, ce qui fait gagner du temps, ce sont les délais que vous anticipez. Exemple de timeline disponible dans le plan : préparation du dossier (1 à 3 semaines), puis selon le canal : réponse en 10 jours et décaissement en 48 h pour certaines structures, ou fonds au 15ème jour après signature (option 8 jours) pour d’autres offres, sans oublier les procédures bancaires qui peuvent s’étendre de quelques jours à plusieurs semaines.

a green alarm clock sitting on top of a table

 

Simuler sans se tromper : lire le TAEG, vérifier les conditions, garder des preuves

Quand vous comparez deux offres, ne vous laissez pas piéger par une mensualité « confortable ». Comparez le TAEG/TEG, le coût total, les frais, et le calendrier réel de déblocage. Un exemple chiffré du plan aide à se représenter l’impact : un emprunt de 6 000 € sur 24 mois peut afficher une mensualité de 288,68 €, un coût total de 928,44 € et un TEG de 14,21 %. Dans un autre scénario, avec 1 500 € d’apport, vous pouvez voir une mensualité de 216,15 € pendant 24 mois puis 89 € pendant 18 mois, avec un TAEG de 6,5 % et un coût total de 792,07 €.

Côté assurance emprunteur, vous avez la possibilité de délégation d’assurance via la loi Lagarde (2010). Les références légales citées dans le plan incluent aussi la loi du 21 janvier 2010 et la loi n°2008-776 du 4 août 2008. Concrètement, votre réflexe doit être journalistique : demandez une offre écrite complète (TAEG, frais, conditions de déblocage, délai) et conservez vos captures de simulation, surtout si une réponse « sous 24 h » est annoncée.

Les vérifications à faire avant de signer (pour éviter les mauvaises surprises)

  • Plafonds et taux : sur le microcrédit, des divergences existent (10 000 €, 12 000 €, 17 000 €). Vérifiez par organisme et exigez une grille de taux datée.
  • Délais réels : distinguez décision, signature, et date de mise à disposition des fonds (15ème jour, option 8 jours selon cas).
  • Garanties : si une caution est demandée, clarifiez son niveau (on voit parfois 50 %) et ses conséquences.

Libre à vous par la suite de vous équiper d’outils simples pour aller plus vite : un business plan court, un prévisionnel de trésorerie 12-24 mois et une feuille d’amortissement. Votre objectif n’est pas de faire un dossier « parfait », c’est de produire un dossier cohérent et complet du premier coup. A très bientôt !

Julien Marchand

Rédacteur en chef...

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