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Si vous êtes salarié à temps plein en France en 2025, vous tournerez en moyenne autour de 220 à 230 jours travaillés dans l’année, selon votre situation (classique 35 h, RTT, forfait jours…). C’est ce volume-là que vous devez maîtriser pour planifier vos congés, vos projets perso et… garder un peu de temps de cerveau disponible.
En bref
- En 2025, on compte 251 jours ouvrés et 302 jours ouvrables en France, avec 11 jours fériés dont 10 tombent en semaine.
- Un salarié à temps plein “classique” avec 25 jours de congés payés tournera autour de 226 jours de travail effectif.
- En forfait jours, on est généralement sur un plafond annuel proche de 218 jours travaillés, le reste étant couvert par des jours de repos.
- En jouant intelligemment avec les jours fériés et les ponts, vous pouvez transformer quelques jours de congés en véritables blocs de repos conséquents.
Pourquoi le nombre de jours travaillés est un vrai levier stratégique
Ayant passé plus de 12 ans en agence, j’ai vu défiler des plannings RH, des plans de charge et des équipes épuisées parce que… personne ne savait vraiment combien de jours de travail réels il restait dans l’année. On se base sur un “à vue de nez”, et on s’étonne ensuite de ne pas tenir les objectifs projets.
Pourtant, dès que vous posez noir sur blanc le nombre de jours potentiels travaillés, puis ce qu’il vous reste après congés, formations, maladie, vous disposez d’un véritable socle solide pour :
- calibrer la charge de travail des équipes et éviter le surmenage,
- prioriser les projets aux bons moments de l’année,
- optimiser les congés autour des fériés pour maximiser les périodes de repos,
- mettre en face des objectifs business un volume de jours réellement disponible.
Je me souviens d’une année où, en recalculant les jours réellement exploitables pour une équipe de consultants, nous avons découvert que nous travaillions “comme si” l’année faisait 260 jours, alors qu’en réalité il en restait 215 une fois tout déduit. Autant vous dire que certains plannings ont volé en éclats… mais derrière, on a drastiquement réduit la pression ressentie par les équipes.
Jours ouvrés, jours ouvrables, jours fériés : poser les bases
Avant de parler de 226 ou 218 jours de travail, il faut s’accorder sur le vocabulaire. C’est souvent là que les incompréhensions naissent entre RH, managers et salariés.
Jours ouvrables vs jours ouvrés : la distinction à maîtriser
Jours ouvrables : ce sont toutes les journées de la semaine qui peuvent légalement être travaillées. Autrement dit, du lundi au samedi inclus, à l’exception :
– des dimanches,
– et des jours fériés chômés.
Pour 2025, on arrive à environ 302 jours ouvrables en France. C’est la base utilisée notamment pour le calcul des congés dans certains contextes.
Jours ouvrés : ce sont les jours effectivement travaillés dans la semaine dans l’entreprise, en général du lundi au vendredi. On exclut donc le samedi.
En 2025, cela donne environ 251 jours ouvrés (hors dimanches et samedis, mais avant de retirer les congés payés et absences diverses).
Pourquoi cette distinction est si importante ? Parce que :
– les congés peuvent être comptés en jours ouvrés ou ouvrables selon les conventions,
– le forfait jours fait référence à un nombre plafond de jours travaillés mais s’appuie sur ces notions,
– les erreurs dans les contrats ou les accords d’entreprise créent des tensions quand les salariés s’aperçoivent que le décompte ne colle pas avec ce qui leur a été présenté.
Le rôle des jours fériés en 2025
En France, il y a 11 jours fériés légaux. Leur impact dépend énormément de la manière dont ils tombent dans le calendrier. En 2025, 10 de ces jours fériés tomberont en semaine, ce qui réduit d’autant le potentiel de jours travaillés.
En effet, chaque férié qui tombe entre lundi et vendredi vient s’ajouter aux week-ends pour réduire le temps de travail disponible. Selon votre convention, certains fériés peuvent être travaillés (récupérés ou payés), d’autres systématiquement chômés. C’est précisément là que la coordination RH / managers / salariés devient stratégique pour :
– anticiper les pics d’activité autour des fériés,

– organiser les ponts,
– éviter que la moitié de l’entreprise parte en congés au même moment sur un projet sensible.
Comment calculer vos jours travaillés en 2025
Passons maintenant au concret. L’idée, c’est de partir d’un volume théorique, puis de retirer tout ce qui n’est pas du travail effectif : congés, RTT, repos supplémentaires, jours de formation longue, etc.
Cas 1 : salarié à temps plein “classique” (35 h, 5 jours/semaine)
Pour un salarié qui travaille du lundi au vendredi, avec 25 jours de congés payés par an (5 semaines), on peut schématiser le raisonnement ainsi :
- On part des 251 jours ouvrés en 2025 (lundi à vendredi sur l’année).
- On retire les 25 jours de congés payés : on descend mécaniquement à 226 jours.
- Les 10 jours fériés en semaine sont déjà intégrés dans les 251 jours ouvrés, mais selon votre secteur et vos usages, ils seront chômés ou travaillés (éventuellement compensés).
Dans la pratique, un salarié à temps plein typique, sans RTT, sans aménagement particulier, va donc arriver à environ 226 jours de travail effectif sur l’année 2025. C’est la référence que j’utilise souvent comme base de discussion avec des dirigeants quand on parle de charge de travail réaliste pour leurs équipes.
Bien entendu, ce chiffre doit encore être ajusté :
– par les absences (maladie, maternité, paternité, événements familiaux, etc.),
– par les formations longues,
– par les journées de représentation (CSE, mandat syndical, etc.).
Pas de secret ici malheureusement : si vous voulez un suivi fin, il faut structurer ce calcul dans un fichier partagé ou un outil RH afin que chacun sache sur quel volume de jours l’année est réellement bâtie.
Cas 2 : salarié en forfait jours
Pour les cadres et certains profils autonomes, on ne compte plus en heures mais en nombre de jours travaillés dans l’année : c’est le fameux forfait jours. La logique est différente :
– on définit un plafond annuel de jours travaillés (par exemple 218 jours),
– au-delà, le salarié doit bénéficier de jours de repos supplémentaires (souvent appelés RTT ou jours de repos conventionnels),
– les congés payés viennent se superposer à ce cadre.
Pour 2025, un accord type peut donner un forfait autour de 218 jours de travail. On obtient ce chiffre en partant des jours ouvrés théoriques, puis :
– en retirant les congés payés,
– en ajoutant des jours de repos spécifiques (souvent autour de 9 jours) pour respecter les durées maximales annuelles de travail et l’équilibre vie pro / vie perso.

Concrètement, si votre contrat mentionne un forfait à 218 jours, cela signifie que :
– vous ne pouvez pas dépasser ce nombre de jours de travail effectif sur l’année,
– votre planning doit intégrer les jours de repos liés au forfait, en plus des congés payés,
– un suivi précis (souvent via un tableau de suivi des jours) est indispensable pour respecter le cadre légal.
J’en parlais un peu plus tôt, mais c’est souvent là que les dérapages apparaissent : on ne suit pas le nombre de jours effectivement travaillés, et on se retrouve avec des cadres qui survolent les 220 ou 230 jours sans récupération. Sur le papier, tout va bien. Sur la santé mentale, c’est une autre histoire.
Construire votre propre calculateur
Vous n’avez pas besoin d’un logiciel sophistiqué pour y voir clair. Avec un simple tableur, vous pouvez bâtir un mini “moteur de calcul” adapté à votre entreprise ou à votre situation personnelle :
| Élément | Valeur de départ (2025) | Ce que vous devez faire | Impact sur les jours travaillés |
|---|---|---|---|
| Jours ouvrés annuels | 251 | Point de départ fixe (lundi-vendredi) | Base théorique de travail |
| Jours fériés en semaine | 10 | Indiquer s’ils sont chômés ou travaillés dans votre structure | Baisse directe si chômés, neutre si travaillés |
| Congés payés | 25 (exemple classique) | Renseigner le nombre exact selon votre contrat | Soustraction automatique aux jours ouvrés |
| RTT / repos forfait jours | Variable (ex : 9 jours) | Entrer le nombre prévu dans vos accords | Réduction du plafond de jours travaillés |
| Autres absences prévisibles | 0 à N | Estimer formations longues, mandats, etc. | Précise la capacité réelle de travail |
| Total jours travaillés | Calcul automatique | Votre référence annuelle pour le planning |
Libre à vous par la suite de vous équiper d’un outil RH plus avancé, mais cette base vous donnera déjà une vision claire et partageable.
Impact du nombre de jours travaillés sur la santé et la performance
Au-delà des chiffres, ce qui m’intéresse en tant que manager (et ancien salarié d’agence) c’est la traduction humaine de ces volumes de travail. En effet, les études convergent toutes vers la même idée : au-delà d’un certain seuil de charge annuelle, la productivité réelle baisse, la qualité diminue et les risques psychosociaux explosent.
Surmenage, fatigue et équilibre de vie
Quand on regarde froidement les 220 à 230 jours travaillés, avec parfois des amplitudes journalières importantes, on mesure à quel point la marge de manœuvre est mince. Quelques signaux d’alerte classiques que j’ai souvent observés :
– accumulation de semaines longues sans récupération,
– congés posés mais peu ou mal utilisés (difficulté à déconnecter),
– multiplication des micro-absences (maladies courtes, fatigue),
– tensions dans les équipes sur la répartition des projets.
À l’inverse, quand les RH et les managers maîtrisent bien le nombre de jours réellement disponibles, ils peuvent :
– lisser les projets sur l’année,
– imposer de vraies périodes “off” après des pics d’activité,
– encourager les salariés à prendre leurs congés au bon moment pour couper véritablement.

Je pense notamment à une période de refonte de site où nous avions verrouillé très en amont une semaine “no projet” pour l’équipe juste après un gros lancement. Cette semaine avait été pensée en fonction des jours disponibles, et non ajoutée à la va-vite. Résultat : des collaborateurs qui revenaient véritablement rechargés, et non simplement “moins épuisés”.
Comment optimiser vos congés autour des jours fériés
Vous avez maintenant une vision plus précise des volumes. La question suivante, très concrète, c’est : comment transformer ce nombre de jours en un planning intelligent, qui aligne vos besoins personnels, ceux de votre équipe et la saisonnalité de l’activité ?
Jouer avec les ponts et les week-ends prolongés
En 2025, avec 10 jours fériés tombant en semaine, vous avez une belle matière pour créer des périodes de repos étendues en posant judicieusement 1 ou 2 jours de congés à côté :
– un férié qui tombe un mardi ou un jeudi peut être l’occasion de poser le lundi ou le vendredi pour vous créer un week-end de 4 jours,
– certains secteurs ferment partiellement sur ces périodes : valider cela tôt vous évite des frustrations plus tard.
Pour vous en servir au mieux :
– cartographiez tous les fériés de l’année dans un calendrier partagé,
– identifiez les “fenêtres” intéressantes (férié collé à un week-end, période creuse d’activité),
– positionnez vos congés prioritaires tôt dans l’année, avant que tout le monde ne réserve les mêmes dates.
Éviter les conflits de planning en entreprise
Pour les RH et managers, l’optimisation ne consiste pas seulement à “faire plaisir” aux collaborateurs, mais à éviter les goulets d’étranglement. Quelques bonnes pratiques simples :
– fixer des règles de prise de congés claires et écrites (nombre maximum de personnes absentes par équipe, périodes sensibles, etc.),
– garder une vue consolidée des absences par équipe ou par service,
– anticiper les périodes où le nombre de jours travaillés est naturellement réduit (été, mai, fin d’année) pour y positionner des tâches moins critiques.
En effet, la fluidité vient rarement du hasard. Une gestion réfléchie des 220 à 230 jours de travail permet de réduire la pression en période de rush, car vous avez préparé le terrain mois par mois.
Variations selon les secteurs, accords collectifs et conventions
Dernier point à garder en tête : tout ce que nous venons de voir repose sur des bases légales et des moyennes, mais la réalité de votre entreprise peut s’en écarter en fonction :
– de votre convention collective,
– d’accords d’entreprise,

– de spécificités sectorielles (santé, éducation, hôtellerie-restauration, industrie, etc.).
Quand les conventions redessinent l’année de travail
Certains accords sectoriels prévoient :
– plus de congés que le standard de 25 jours,
– des jours de repos supplémentaires liés au travail de nuit, au week-end ou aux astreintes,
– des règles spécifiques pour certains jours fériés (obligation de travailler, compensation renforcée, repos obligatoire, etc.).
De même, d’une année sur l’autre, la répartition des fériés dans la semaine (et notamment ceux de mai) peut drastiquement changer l’odeur de la SERP de votre planning RH : certaines années très “hachées” demandent plus de finesse dans la planification des projets et des congés.
La bonne démarche pour vous en tant que RH ou salarié :
– partir des repères 2025 que nous avons détaillés,
– les confronter à votre convention collective et à votre contrat,
– ajuster votre calculateur maison pour refléter au mieux votre réalité.
Pour aller plus loin : faire du nombre de jours travaillés un véritable outil de pilotage
Nous arrivons maintenant au terme de la première partie de votre travail : comprendre combien de jours vous pouvez réellement mettre au service de votre activité en 2025. La deuxième partie, celle qui se joue dans votre entreprise, consiste à transformer cette connaissance en feuille de route opérationnelle :
– calibrer objectifs et projets sur la base des jours disponibles,
– protéger des plages de repos conséquentes, et pas seulement des miettes de congés éparpillées,
– discuter de manière transparente entre RH, managers et salariés des arbitrages à faire.
En maîtrisant précisément le nombre de jours de travail par an, vous gagnez en lucidité et en pouvoir d’action. Vous ne subissez plus le calendrier, vous le pilotez. Et ça, pour votre santé comme pour vos résultats, c’est véritablement un game changer.
Si vous commencez à structurer votre calcul dès maintenant pour 2025, je serai ravi que vous partagiez ensuite vos retours d’expérience : ce qui a fonctionné, les blocages rencontrés, et comment vous avez réussi à mieux aligner charge de travail, performance et équilibre personnel.
A très bientôt !


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